Le microbiote est la pierre angulaire de notre système immunitaire.

Non seulement, il nous permet de digérer et d’assimiler les nutriments mais il éduque et mature notre système immunitaire tout en nous protégeant des pathogènes.
Il paraît ainsi plus que judicieux d’essayer de le préserver.

Mais comment savoir quels sont les microbes à faire revenir et ceux à éviter. Comment enrichir notre flore sans ouvrir la boite de Pandore ?

C’est là, la toute nouvelle page que doit écrire la médecine et la nutrition moderne.

Se pose pourtant un vrai problème de code culturel qui n’épouse pas du tout l’hygiène d’un point de vue scientifique. En clair, nous devrions nous laver moins et surtout arrêter de tout désinfecter au risque d’affaiblir notre système immunitaire.

Nos savons, dentifrices, bains de bouche, déodorants sont trop violents. Ils sont truffés de bactéricides inutiles, contre-productifs en plus d’être des perturbateurs endocriniens comme le triclosan et le triclocarban, produits interdits aux États-Unis depuis 2016 mais encore utilisés en Europe dans la majorité des cosmétiques.

Marc-André Selosse, biologiste et auteur du remarquable ouvrage « Jamais seul », a travaillé sur les nombreuses symbioses qui associent microbes et êtres vivants.

Il souligne qu’il vaudrait mieux rechercher à maintenir une « saleté propre »,   nous rappelant que l’on n’évite pas les pathogènes en tuant tous les microbes. Il vaut mieux grâce à la présence d’autres microbes, les affaiblir, les exclure ou même les tolérer puisque certains de ces potentiels pathogènes nous sont utiles. C’est le cas de la bactérie stomacale Helicobacter pylori, à l’origine parfois d’ulcère stomacal et dont la présence dans l’organisme semble associée à une probabilité moitié moindre de développer de l’asthme.

Un certain niveau de colonisation dite « banale » nous serait donc nettement plus profitable.


Le contact avec certains microbes bénins permet de développer une flore plus variée et de meilleure qualité.

Challenger son système immunitaire par des bactéries en contact ?

Le contact avec certains microbes bénins permet de développer une flore plus variée et de meilleure qualité ; aujourd’hui nous commençons à tolérer des conduites dites « contaminantes » en recommandant de ne plus stériliser les biberons ou d’inoculer notamment aux prématurés non allaités des probiotiques.

Souvent les bébés ont mal au ventre à la naissance parce qu’ils sont en train de fabriquer leur microbiote en même temps que leur système digestif, et donc leur système immunitaire. Les petits enfants ont d’ailleurs inconsciemment un réflexe d’auto-contamination puisqu’ils ont tendance à tout mettre dans la bouche.

Après les premières contaminations par les lactobacilles contenus dans le vagin puis sur la peau de sa mère, le nouveau-né va ensemencer son intestin grâce au lait maternel qui non seulement contient les lactobacilles et bifidobacteries nécessaires à son développement mais aussi un troisième composant : des olygosaccarides.

Ces molécules non assimilables par le bébé sont la nourriture idéale pour ces bonnes bactéries. La mère fabrique ainsi des prébiotiques (les aliments des bactéries) afin que le nouveau-né soit rapidement colonisé par des bactéries indispensables : nous sommes biologiquement programmés pour être infectés et vite mais il faut 3 ans pour avoir un microbiote ordinaire d’adulte en bonne santé.

C’est pratiquement le temps qu’il nous faut pour apprendre à parler.

Comment diversifier sa flore  microbienne ?

Dans l’état actuel des connaissances, il vaut mieux ne pas se précipiter sur les probiotiques des laboratoires pharmaceutiques qui pourraient avoir potentiellement des effets secondaires indésirables ; les études sur ces produits sont encore assez peu documentées.

Le plus judicieux serait de procéder comme en jardinage, de cultiver notre microbiote en y semant les graines de certaines espèces (des bactéries probiotiques) tout en apportant de l’engrais par l’introduction de prébiotiques (les aliments des bactéries : des fibres).

Par l’alimentation

L’alimentation est la meilleure source de bonnes bactéries pour l’intestin. De nombreux aliments contiennent les micro-organismes nécessaires à une bonne flore microbienne : ce sont tous les produis fermentés artisanaux, souvent les plus beaux fleurons de notre tradition gastronomique.

Malheureusement en voie de disparition ou du moins de transformation pour nombre d’entre eux à cause d’une réglementation de sécurité alimentaire inadaptée : le carrelage imposé dans les laboratoires de production s’oppose à la propagation des bonnes levures favorables à l’ensemencement des fromages, les yaourts largement pasteurisés sont stériles, les charcuteries sur-traitées aux nitrates, les pains sont élaborés sans levain naturel etc…

N’hésitez donc pas à vous administrer des bons microbes en dégustant des produits fermentés artisanaux. La consommation de yaourts (streptocoques + lactobacilles), de fromages (microbes et levures variés), de salaisons sans nitrates, de légumes et/ou condiments fermentés, de thés, de miso et de boissons fermentées : kombucha, kéfir, bières et vins naturels, vous apporteront tous leurs bienfaits.

Mais en plus de les cultiver, il est tout aussi important de ne pas oublier de leur apporter les nutriments nécessaires à leur développement : les fibres alimentaires (prébiotiques).

La majorité des français ne mangent que la moitié de la ration de fibres recommandée idéalement (30 g par jour). Pensez à manger des fruits et des légumes riches en fibres chaque jour.

En évitant de consommer des aliments industriels transformés dont les additifs et les exhausteurs de gout ont tendance à faire disparaitre ces bonnes bactéries.


-> Découvrez notre recette : Fabriquer sa propre souche de kombucha, ici-> Découvrez notre recette : Fabriquer sa boisson de kombucha, la recette de base, ici-> Pour en savoir plus sur la Fermentation, ou ici.

Par des gestes quotidiens

Il faut vraiment revoir notre hygiène corporelle en favorisant un nettoyage léger au moyen de produits moins agressifs.

Nous utilisons, chaque matin, savon, shampooing, dentifrice, déodorant, crème pour le visage et parfois aussi pour le corps, et, pour les femmes, du maquillage et du parfum tous composés de nombreuses molécules (conservateurs, additifs, bactéricides…) soupçonnées d’être des perturbateurs endocriniens en plus de détruire notre flore cutanée. D’où l’importance de bien lire la composition de ces produits d’hygiène et de ne pas en abuser.


Pour en savoir plus sur les ingrédients indésirables dans vos cosmétiques :
-> Que choisir
-> La vérité sur les cosmétiques

Retrouver et renforcer notre lien aux microbes est un enjeu majeur pour notre santé globale.

Le microbe est présent dans notre corps et dans notre biologie comme chez tous les autres êtres vivants.

Nous ne pouvons pas échapper à cette relation symbiotique ; c’est là que résident nos nouveaux espoirs d’amélioration.

Pourtant nombre d’entre nous ressentent une forme de répulsion, de rejet voir d’inquiétude à l’égard de ce monde microbien. Un rejet, somme toute, assez culturel car l’asepsie a été le fondement de notre médecine moderne et nous a permis de nombreux progrès. En même temps, nous savons aujourd’hui que cette asepsie, a contribué au développement de maladies annexes comme l’allergie ou l’obésité.

Désormais, en l’état de nos connaissances, il semble que la réintroduction d’un juste équilibre, d’une bonne portion de microbes aussi bien dans notre corps que dans notre alimentation et notre environnement soit la nouvelle voie à suivre.

Un naturopathe saura vous conseiller.


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